Ludiculture

Ludiculture
Comme vous avez pu le constater, le rythme de ce blog a chuté, chuté, chuté... avant de devenir quasiment nul...

Plusieurs raisons à cela, mais la principale est un manque de motivation. En effet le format Skyblog ne me satisfait plus.

Voilà pourquoi... Je migre !

Je pars sur un over-blog, toujours avec la même volonté de chroniquer les oeuvres culturelles, mais cette fois-ci avec un plus large pannel, comprenant les jeux de société et les séries télé.

J'espère que vous me suivrez là-bas : http://ludiculture.over-blog.fr/

A bientôt !
# Posté le vendredi 19 octobre 2007 05:16

Vous, les Dieux

Vous, les Dieux
Cases croisées

La mythologie a ses parts de marché dans la bande dessinée : elle y est omniprésente.
Dans la BD asiatique, la mythologie se ressent dans le statut de "héros" détenu par les combattants nobles. Dans Saint Seiya, la référence est d'autant plus explicite que les héros se battent sous le nom d'une constellation, et donc de la mythologie. Pégase qui défend Athéna de la furie de Hadès, c'est la base du manga.
En France, la mythologie est souvent utilisée comme thème implicite. En témoigne toute la "Mythologic Fantasy" que Crisse a apporté chez Soleil, avec son héroïne grecque Atalante (lecture très divertissante pour les amateurs de mythologie !), l'égyptienne Ishanti, l'indienne Luuna, ou encore la sudaméricaine Cañari. Avec de tels contextes riches en symboles pour les aventures de ses héroïnes, Crisse avoue évidemment sa passion pour les mythologies au pluriel, à l'image de toute la BD qui avoue cette attirance.
L'autre façon de traîter la mythologie en France est d'en créer une nouvelle. L'ancêtre de cette idée est Tolkien et sa mythologie dite de "l'Héroïc Fantasy", elle-même inspirée de la mythologie nordique. Les mondes créées dans l'Héroïc Fantasy par Istin par exemple tentent eux-aussi de créer un monde et sa mythologie (exemple : Les Brumes d'Asceltis).
Aux Etats-Unis, dans le comics mainstream, la mythologie ne se retrouve pas franchement dans l'évocation d'une nouvelle religion puisque les superhéros évoluent dans le monde réel. Néanmoins, leurs pouvoirs sont souvent pris aux pouvoirs de héros antiques. En témoigne chez Marvel la présence de héros directement inspirés de la mythologie, comme le peu connu Hercule ou l'évident et célèbre Thor, dieu du Tonnerre.

Et puis, il y a les façons originales de traîter de la mythologie. Celle de Valérie Mangin dans Les Chroniques de l'Antiquité Galactique (Le Fléau des dieux et Le Dernier Troyen) est très intéressante : replacer la mythologie dans le contexte de la Science-fiction. L'existence de dieux antiques s'explique pour elle par la science du futur, et le Destin oblige des êtres humains-dieux (donc, des héros) à redessiner la même histoire à différentes époques.
Son génie de mari Denis Bajram lie lui-aussi la mythologie à la science-fiction dans son extraordinaire oeuvre Universal War One, mais cette mythologie est celle de la bible : le futur suit implicitement et inéxorablement les étapes bibliques, de la Genèse à Babel. L'oeuvre entière est structurée sur ce principe, et ça donne quelque chose de tout bonnement énorme !
Enfin, le célèbre, l'évident : Enki Bilal. Avec sa trilogie Nikopol, Bilal crée un monde SF culte (devenu maintenant traditionnel...) à la L'Incal et y introduit une mythologie égyptienne, et des dieux plus ou moins bons qui viennent influer sur la destinée de la Terre. L'image de ces personnages à tête d'animaux restera pour toujours dans la mémoire de la Bande Dessinée.

# Posté le mardi 03 juillet 2007 10:54
Modifié le samedi 28 juillet 2007 16:14

Alien la résurrection

Alien la résurrection
Cinéma
Alien : Resurrection

De Jean-Pierre Jeunet
Avec Sigourney Weaver, Winona Ryder, Ron Perlman, Dominique Pinon
1997

Pour donner suite à la saga Alien après la mort de son héroïne, il fallait soit un maître des block-busters hollywoodiens insipides à souhait soit un réalisateur totalement barré qui ne se prenne pas au sérieux.
Au lieu d'un Danny Boyle originellement pressenti pour tenir la caméra de ce quatrième opus, c'est notre Frenchie chéri Jean-Pierre Jeunet qui s'y colle, et nous aurons donc là un réalisateur de la classe des "totalement barrés", choisissant de réitérer l'ambiance hallucinante et hallucinée de son excellent ovni cinématographique La Cité des Enfants Perdus dans le contexte de la gande saga SF-horreur américaine. Et rien que ça, fallait oser...
Notre Jean-Pierre préféré n'a rien abandonné à Hollywood, ni la couleur verte glauque, ni son humour particulier, ni son amour pour les images chocs que les afficionados du seul Fabuleux destin d'Amélie Poulain ne lui connaissent pas, ni même son équipe bien franchouillarde d'acteurs - et Dieu sait que Dominique Pinon fuyant un Alien, c'est quelque chose qu'on n'aurait jamais pensé voir !
Pour le scénar, c'est à la fois du grand n'importe quoi et très bien ancré dans les thèmes habituels de la saga. Deux cent ans après sa mort, Helen Ripley est résuscitée par des savants peu scrupuleux qui la croisent avec la Reine Alien qu'elle portait en elle. En effet ces scientifiques n'ont qu'une seule volonté : étudier les monstrueux extraterrestres, idée qui n'est vraiment pas si loin de ce qu'on avait pu voir dans les autres épisodes... Ripley n'est pas la seule à être au beau milieu de cette dangereuse réserve pas très naturelle : en effet un équipage de mercenaires employé à ramener des hôtes humains pour les expérimentations délirantes, va être tout comme Ripley aux premières loges du spectacle quand, bien évidemment, ce qui devait arriver arrivera.
Le scénario est très simple mais donne lieu à une très belle course-poursuite ponctuée d'images chocs plus ou moins convenues. Les face-huggers, le sang acidulé, la connerie des humains, et même une mignonette androïde : tous les éléments sont là pour s'inscrire dans la tétralogie Alien, et Jeunet le fait avec tellement d'autodérision que l'exercice en devient savoureux et génial. Et évidemment beaucoup décrié par les puristes de la saga...
Il faut néanmoins remarquer sa très belle relation maternelle entre Ripley et les monstres, et ce mélange humain-Alien délicieusement insupportable.
Reste une image qui ravira obligatoirement tout le monde : des scènes magnifiques dont une scène sous-marine tout-à-fait anthologique, et un gore superbement mis en scène, aux limites du cauchemardesque dans la salle des expériences hybrides, ou avec l'image du monstre final, terrifiant, au regard si humain !
Très bel exercice de style pour cet opus le plus original et le plus marqué dans une certaine esthétique du gore.
En attendant la conclusion de la saga par un dernier épisode final normalement orchestré par Ridley Scott... Histoire de boucler la boucle...
# Posté le samedi 14 avril 2007 08:37

Alien 3

Alien 3
Cinéma
De David Fincher
Avec Sigourney Weaver, Lance Henriksen, Charles Dance
1992

On prend les mêmes et on recommence.
Ou plutôt non : on crée une rupture. Et on recommence...
Tout semblait aller pour le mieux pour Ripley après que Cameron l'ait laissée s'enfuir de la colonie infestée, accompagnée de sa nouvelle fille adoptive, d'un beau gosse et d'un pote cyborg. Une jolie happy end.
Oui... Mais Fincher avait d'autres projets pour notre pauvre Helen, qui perd ses compagnons pendant le générique du film et se retrouve seule et abandonnée sur une planète non-moins abandonnée, planète pénitentiaire pour criminels bourrés d'hormones mâles... Et oui, Ripley n'en a pas fini d'en baver ! Manquerait plus qu'un Alien l'ait suivie jusqu'ici, tiens ! Quoi ? Non...
Cameron vomira sur ce film et son réalisateur, lui reprochant d'avoir tué ses personnages secondaires "géniaux", et d'avoir détruit la "magnifique relation mère-fille" qu'il avait installée dans Aliens, le retour. Il est indéniable que Fincher a voulu passer par un nettoyage par le vide pour, me semble-t-il, revenir à la trame du premier opus : une Ripley seule qui doit faire ses preuves devant ses compagnons,
un seul monstre évoluant et tuant à son gré, souvent caché, l'angoisse, etc. Epuration old-school donc, mais aussi originalité, par certains points remarquables : l'Alien croisé avec un chien, suragile et terriblement esthétique, la planète pénitentiaire perdue. Tiens, et puis Fincher reprend aussi des thèmes chers à Cameron : la conneries des humains, qui sont prêts à tous les sacrifices pour étudier ces créatures ; et le cycle de vie Alien développé par la présence d'une mère porteuse pour une future Reine.
On en arrive là au premier point qui fait de cet opus mon préféré : la relation amour-haine entre Ripley et le monstre qui refuse de la tuer. La scène hallucinante dont j'ai mis un extrait en image en témoigne.
Le second point, c'est l'esthétisme. Il n'y a pas à dire : Fincher est un dieu de l'image. Fight Club ou Panic Room en fourniront les preuves définitives ensuite, mais cette scène bluffante de course-poursuite dans les couloirs de la station est déjà d'une folie et d'une beauté exemplaires.
Ces détails font de Alien 3 un film à part dans la saga, très controversé car, à mon sens, davantage axé sur l'esthétique que sur l'horreur en elle-même ou sur l'action. Chacun ses choix,
c'est le principe.
# Posté le lundi 19 mars 2007 16:54
Modifié le lundi 19 mars 2007 18:23

Aliens le retour

Aliens le retour
Une fois n'est pas coutume : faisons-nous toute la saga d'un coup !

Cinéma
Aliens
De James Cameron
Avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Lance Henriksen
1986

A l'époque déjà, les gros succès donnaient naissance à des suites, succès programmés... Pour faire revivre l'immonde bébête, c'est James Cameron qui est désigné. Le monsieur, plus ou moins apprécié des cinéphiles, produit un bon film, considéré comme le meilleur de la saga par les amateurs de blockbusters, ou comme le plus faible par certains cinéphiles nostalgiques de Ridley Scott.
Cameron a le mérite de reprendre certains points du premier film et d'en ajouter de nouveaux de sa propre composition. Pas trop fidèle pour éviter le pastiche, pas trop éloigné pour éviter la délégitimation : le projet est bien monté. Le contexte de l'histoire reste le même futur glauque (Cameron reprend même le thème des cyborgs avec un nouveau personnage intéressant), et Ripley rempile comme personnage principal. Cependant, l'intrigue change de façon considérable : cette fois ce sont les humains qui décident d'aller tataner de l'Alien, bien obligés puisque toute une colonie s'est installée dans une base humaine. Là est la grande originalité de l'oeuvre : le passager clandestin indésirable n'est plus le monstre mais l'humain. En montrant donc l'Alien dans son élément, Cameron se réapproprie le mythe que Scott avait entamé, et le perfectionne même, réutilisant l'idée de cycle de vie parasite-monstre pour ajouter l'existence d'une Reine à la tête de tout ça.
Cependant, de ce fait, le monstre est omni-présent, multiple, ne se cache plus du tout et se rencontre à chaque coin de rue à coups de gros flingues, de vacarmes de détonations et d'hémoglobines. Vous l'aurez compris : l'angoisse a cédé le pas à la violence et l'horreur au gore.
En résultent de bonnes idées (la relation maternelle entre Ripley et sa protégée) mais aussi de mauvaises (l'accent mis sur la force militaire, la violence, le slash-movie sans suspense) ; de très bonnes scènes (mention spéciale à celle où Ripley et la petite fille sont enfermées dans une salle avec un parasite qui cherche à les féconder : chef-d'oeuvre d'angoisse !) et de très mauvaises (la fin, version "boss de fin de niveau" ; ridicule...).
Bon film néanmoins, loin d'être mon préféré, qui a le mérite d'approfondir le mythe et d'en présenter une vision personnelle et appropriée. Et après tout, c'est ce que feront aussi les réalisateurs suivants...
# Posté le mercredi 21 février 2007 02:40